L’assurance moto au kilometre existe en France sous deux formes distinctes : le forfait kilométrique déclaratif et le contrat télématique avec boîtier GPS.
- Le forfait déclaratif permet de choisir une tranche de kilométrage à la souscription : la prime baisse avec le kilométrage annuel déclaré
- Le contrat PAYD (pay as you drive) avec boîtier GPS facture selon les kilomètres réels, mais reste rare pour la moto en France
- Ce type de contrat est rentable pour les motards roulant moins de 10 000 km par an
- En cas de dépassement du forfait, l’assureur peut minorer ou refuser une indemnisation : vérifier les conditions du contrat
- Des alternatives existent : assurance saisonnière ou suspension temporaire de contrat
Vous utilisez votre moto principalement le week-end ou pendant les beaux mois, et vous trouvez votre prime annuelle disproportionnée par rapport à votre kilométrage réel. L’assurance moto au kilomètre cherche à répondre à cette situation : payer moins en roulant moins. Mais le marché est plus étroit qu’il n’y paraît, et les deux formules qui existent fonctionnent très différemment.
Forfait déclaratif ou boîtier GPS : deux modèles à ne pas confondre
L’assurance moto au kilomètre recouvre en réalité deux produits distincts, souvent présentés sous le même nom mais qui n’ont ni le même fonctionnement ni les mêmes implications.
Le forfait kilométrique déclaratif est le plus répandu. Au moment de la souscription, vous choisissez une tranche de kilométrage annuel (par exemple : moins de 5 000 km, 5 000 à 10 000 km, plus de 10 000 km). La prime est ajustée en fonction de cette déclaration. Le kilométrage n’est pas tracé en temps réel : l’assureur peut demander à le vérifier uniquement en cas de sinistre. Si votre kilométrage réel au moment du sinistre dépasse la tranche déclarée, l’indemnisation peut être réduite ou refusée. C’est la clause qui mérite toute votre attention avant de signer.
Le contrat PAYD (pay as you drive) avec boîtier télématique repose sur un boîtier GPS installé sur votre moto, généralement sur le port de diagnostic OBD. Il transmet en temps réel les données de conduite à l’assureur : kilométrage parcouru, horaires d’utilisation, parfois style de conduite. La prime est calculée dynamiquement sur la base des kilomètres réels. Ce modèle est beaucoup plus rare pour la moto que pour l’automobile en France. Il implique un partage de données personnelles encadré par le RGPD.
Pour quel profil de motard l’assurance au km est-elle rentable ?
Ce type de contrat s’adresse aux motards à faible kilométrage annuel, en général en dessous de 10 000 km. Le motard de week-end, l’amateur de sorties estivales qui range sa moto de novembre à avril, ou encore le citadin qui n’utilise son deux-roues que ponctuellement sont les profils types.
La logique est simple : en dessous d’un certain kilométrage, le tarif lié à une tranche basse peut être sensiblement inférieur à une formule standard. En revanche, dès que vous approchez ou dépassez la tranche souscrite, l’avantage disparaît, et le risque de sous-assurance apparaît. Avant de souscrire, comparez le tarif du forfait kilométrique avec les offres classiques pour votre profil : la différence n’est pas toujours significative selon les assureurs et les formules.
Ce contrat est aussi pertinent si vous possédez plusieurs véhicules et n’utilisez votre moto que de manière occasionnelle. Notre guide complet sur l’assurance moto détaille les formules disponibles et les critères de choix selon votre situation.

Les assureurs qui proposent ce type de contrat en France
L’offre est plus limitée pour la moto que pour l’automobile. Allianz est l’un des rares assureurs à proposer en France un contrat moto avec boîtier télématique. D’autres acteurs comme AXA, MAIF ou Groupama proposent des forfaits kilométriques déclaratifs sur certaines formules, sans boîtier. AMV (courtier spécialiste deux-roues) dispose également d’options à faible kilométrage. La disponibilité et les conditions varient selon les régions et les formules : demandez systématiquement un devis comparatif avant de vous engager.
La Mutuelle des Motards propose des modulations selon le kilométrage annuel dans le cadre de ses contrats standards. Ce n’est pas toujours un contrat « au km » au sens strict, mais c’est une piste à explorer selon votre profil.
Boîtier télématique et données personnelles
Si vous optez pour un contrat avec boîtier GPS, vous consentez à transmettre des données de conduite à votre assureur. Ces données, reliables à votre identité via la plaque d’immatriculation, sont des données personnelles au sens du RGPD. La CNIL encadre l’utilisation des données issues des véhicules connectés dans le cadre des contrats « pay as you drive » : l’assureur doit informer l’assuré des données collectées, de leur durée de conservation et de leur utilisation.
Avant de signer, lisez attentivement la politique de confidentialité de l’assureur et demandez la liste exhaustive des données collectées. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition sur ces données.
Assurance saisonnière et suspension : les deux alternatives à connaître
Avant de choisir une assurance au km, deux options méritent d’être comparées. L’assurance saisonnière couvre votre moto sur une période définie de l’année (par exemple six ou huit mois), avec une garantie de non-utilisation pendant la période creuse. C’est souvent la solution la plus simple pour les motards saisonniers : pas de boîtier, pas de suivi kilométrique, et une prime proportionnelle à la durée de couverture.
La suspension de contrat est une autre option, moins systématiquement proposée : elle consiste à geler temporairement les garanties et la facturation, avec l’accord de l’assureur, pendant une période d’immobilisation. L’article F2659 de Service-public.gouv.fr rappelle les conditions de modification et de résiliation des contrats d’assurance véhicule. Pour les propriétaires d’un scooter 125 cm³, les options kilométriques sont généralement moins développées : notre article sur l’assurance scooter 125 détaille les formules disponibles.
Questions fréquentes sur l’assurance moto au km
L’assurance moto au km est-elle moins chère qu’une assurance classique ?
Pas systématiquement. Pour un motard roulant moins de 5 000 km par an, une tranche kilométrique basse peut réduire la prime. Au-dessus de 10 000 km, l’écart avec une formule classique devient souvent négligeable. Comparez toujours les devis pour votre profil réel avant de vous décider.
Que se passe-t-il si je dépasse mon forfait kilométrique ?
En cas de sinistre, l’assureur peut vérifier le kilométrage réel au compteur. Si vous avez dépassé la tranche déclarée, l’indemnisation peut être réduite proportionnellement, voire refusée pour certaines garanties. Lisez attentivement la clause de kilométrage de votre contrat avant de souscrire.
Le boîtier GPS est-il obligatoire pour une assurance moto au km ?
Non. Le boîtier est requis uniquement pour les contrats PAYD (pay as you drive) dynamiques. Pour les forfaits kilométriques déclaratifs, les plus courants, aucun boîtier n’est installé : le kilométrage est déclaré à la souscription et peut être vérifié en cas de sinistre.
Puis-je passer d’une tranche kilométrique à une autre en cours d’année ?
Cela dépend des conditions générales de votre assureur. Certains permettent un avenant pour modifier la tranche en cours d’année, souvent sous 30 jours et avec un ajustement de prime. D’autres ne permettent le changement qu’à l’échéance. Vérifiez cette clause avant de souscrire, notamment si votre usage peut varier d’une année sur l’autre.
L’assurance au kilomètre est un outil cohérent pour les motards qui savent que leur usage restera limité. Notre recommandation : demandez un devis comparatif à au moins deux assureurs spécialistes deux-roues avant de signer, et lisez la clause de dépassement kilométrique aussi attentivement que le tarif affiché. Un motard qui roule peu mais n’a pas lu cette clause peut se retrouver mal couvert précisément au moment d’un accident de basse saison, à la fin d’un été qui a duré plus longtemps que prévu.




