Les différents types de moto : guide pour choisir selon votre profil et votre permis

Deux motards sur une route de campagne au lever du soleil, symbolisant la diversite des types de moto

L’essentiel à retenir

Les types de moto se divisent en 8 grandes familles, chacune adaptée à un profil de motard et à une catégorie de permis spécifique.

  • Le roadster bridé est la moto la plus accessible pour débuter : permis A2, comportement prévisible, confort en ville et sur route.
  • Trail, roadster, cruiser : beaucoup proposent des versions A2 débridables, ce qui simplifie la transition vers le permis A.
  • Attention : sportive et routière nécessitent souvent le permis A, peu importe leur look accessible.
  • Vérifier le permis requis avant l’achat évite une déception coûteuse, et parfois une infraction le jour de la livraison.

On nous pose régulièrement la question : « par quel type de moto commencer ? » La réponse dépend autant du permis que du projet de conduite. Roadster, sportive, trail, cruiser, routière, tout-terrain, scooter, électrique : les familles sont nombreuses et chacune répond à des usages, des morphologies et des niveaux d’expérience très différents. Mais un critère passe trop souvent au second plan lors du choix : le permis requis. Un maxi-trail de 1 250 cm³ ou une sportive de 150 ch, ça ne s’achète pas avec un simple permis A2. Ce guide fait le tour des 8 grandes familles en précisant pour chacune le permis nécessaire, le profil adapté et ce qu’il faut vraiment savoir avant de se décider.

Roadster et naked bike : la référence pour commencer

Le roadster est probablement le type de moto le plus vendu en France. Aussi appelé naked bike (littéralement « moto nue », sans carénage), il se caractérise par une position de conduite droite ou légèrement penchée en avant, des commandes naturelles et un gabarit accessible. Polyvalent, il s’adapte aussi bien aux trajets urbains qu’aux sorties du week-end sur route.

Pour quelqu’un qui débute, c’est souvent le choix le plus raisonnable. Les versions bridées en 35 kW (permis A2) sont nombreuses : Honda CB500F, Yamaha MT-07 A2, Kawasaki Z650… Ces modèles offrent un comportement sain, une puissance suffisante et une prise en main progressive. La plupart des grands roadsters disposent d’une version A2 débridable, ce qui facilite la transition vers le permis A deux ans plus tard.

Quelques roadsters haute performance (Yamaha MT-09, KTM Duke 890, BMW S1000R) dépassen 100 ch et s’adressent exclusivement aux titulaires du permis A. À ne pas confondre avec leurs petits frères A2 lors d’un achat d’occasion.

Permis requis : A2 pour les versions bridées, A pour les hautes performances. Profil adapté : débutant, motard urbain, usage mixte quotidien.

Motard sur roadster dans une rue pavee d une ville europeenne au petit matin

Moto sportive : les sensations, mais pas pour tout le monde

La sportive est conçue avant tout pour la performance. Position ramassée, guidon bas, carénage aérodynamique intégral, freinage puissant et moteur orienté vers la vitesse : tout y est optimisé pour une conduite dynamique. Sur circuit ou sur route ouverte, elle offre des sensations difficiles à trouver ailleurs.

Mais ce type de moto demande de l’expérience. La position est inconfortable pour les longs trajets, la maniabilité en ville est limitée et la gestion de la puissance (souvent entre 100 et 200 ch) exige une vraie maîtrise. Les sportives ne pardonnent pas facilement les erreurs d’appréciation, surtout à froid ou en conditions humides.

Quelques entrées de gamme comme la Honda CBR500R ou la Kawasaki Ninja 400 sont accessibles en A2. Mais les vraies supersportives (Yamaha R1, Honda CBR1000, Ducati Panigale) nécessitent le permis A.

Permis requis : principalement permis A. Quelques modèles en A2 pour les entrées de gamme. Profil adapté : motard expérimenté, passionné de conduite sportive ou de circuit. Déconseillée comme première moto.

Trail et adventure : la moto pour partir à l’aventure

Le trail est devenu en quelques années le segment le plus vendu en France et en Europe. Ce type de moto hybride les qualités d’une routière (confort, tenue de route, protection au vent) avec celles d’un engin tout-terrain léger (garde au sol haute, suspensions à long débattement). Résultat : une moto capable d’abattre des milliers de kilomètres sur autoroute, mais aussi de s’aventurer sur les pistes forestières et les chemins de montagne.

Il existe en fait deux grandes sous-familles du trail :

  • Le trail léger ou mid-trail (Honda CB500X, Kawasaki Versys 650, Triumph Tiger 660) : accessible en permis A2, léger, maniable, idéal pour une première moto polyvalente.
  • Le maxi-trail ou adventure (BMW R1250GS, KTM 1290 Super Adventure, Honda Africa Twin) : cylindrées élevées, poids autour de 230 à 250 kg, réservé au permis A et aux motards aguerris.

Si vous cherchez votre première moto polyvalente, un trail en 650 cm³ configuré A2 est souvent l’option la plus cohérente. Pour aller plus loin sur les spécificités de cette famille, notre dossier sur la moto trail détaille les critères de choix, les modèles et les accessoires à prévoir.

Permis requis : A1 pour les petits trails 125 cm³, A2 pour les mid-trails bridés, A pour les maxi-trails. Profil adapté : tous niveaux selon le modèle. C’est la famille la plus inclusive du marché moto.

Moto trail garee sur un sentier rocailleux en foret de montagne

Moto routière et Grand Tourisme : avaler les kilomètres en confort

La moto routière, et sa version ultrapremium le Grand Tourisme (GT), sont pensées pour le long cours. Grande protection aérodynamique, réservoir généreux de 25 à 30 litres, selle large et confortable, coffres intégrés, équipements électroniques avancés… Des machines comme la BMW K1600GTL, la Honda Gold Wing ou la Yamaha FJR1300 sont de vraies berlines à deux roues.

Ce segment est rarement adapté aux débutants, pas seulement pour des raisons de permis. Le gabarit imposant (une Gold Wing dépasse 360 kg) et la gestion à basse vitesse demandent une expérience solide. Les journées de 500 km en selle supposent également une maîtrise physique et technique que les premières années de moto donnent progressivement.

Permis requis : permis A dans la quasi-totalité des cas (puissances et poids incompatibles avec les bridages A2). Profil adapté : motard expérimenté, voyageur, qui préfère le confort aux sensations pures.

Cruiser et custom : un style de moto, un art de vivre

Le cruiser se reconnaît immédiatement : position décontractée avec les pieds posés loin en avant, guidon large, moteur bicylindre visible, sonorité caractéristique. L’esthétique est directement inspirée des Harley-Davidson et de la culture biker américaine. Ce n’est pas une moto de performance pure, mais une moto de plaisir, de balade et d’identité.

Les custom et chopper vont encore plus loin dans la personnalisation. Cadre allongé, roue avant démesurée, silhouette redessinée de A à Z : les choppers incarnent une culture biker à part entière. Certains sont des machines de collection ou de défilé, peu adaptées à un usage quotidien.

Côté permis, les cruisers sont plus variés qu’on ne le pense. Des modèles comme la Kawasaki Vulcan S ou la Royal Enfield Meteor 350 sont accessibles en A2. Les grosses cylindrées (Harley-Davidson Softail, Indian Chief, Triumph Thunderbird) nécessitent le permis A.

Permis requis : A2 pour les cylindrées légères à moyennes, A pour les grosses cylindrées américaines. Profil adapté : motard qui privilégie l’esthétique, l’atmosphère et la balade sur route. C’est un état d’esprit autant qu’un type de moto.

Infographie des categories de permis moto en France AM des 14 ans A1 des 16 ans A2 des 18 ans A des 24 ans

Tout-terrain et motocross : hors des sentiers battus

Le tout-terrain regroupe les motos conçues pour les surfaces non pavées : pistes, sentiers, terrains accidentés, sable. Le motocross en est la version sport et compétition, avec un châssis léger, des suspensions à débattement important et un moteur optimisé pour le hors-piste. L’enduro se pratique lui sur des parcours mixtes balisés, souvent en forêt ou montagne.

À retenir : la majorité des motos de cross et d’enduro pures ne sont pas homologuées pour la route. Vous pouvez les utiliser sur circuit, terrain privé ou lors d’épreuves officielles, sans permis moto. En revanche, pour circuler sur la voie publique avec une moto homologuée tout-terrain (plaques, feux, rétroviseurs réglementaires), le permis correspondant à la cylindrée est obligatoire.

Si vous souhaitez comprendre les démarches d’homologation pour rendre circulable une moto cross, notre article sur l’examen plateau du permis moto présente également les étapes de la formation.

Permis requis : aucun pour un usage hors-route en terrain privé ou circuit. Pour une homologuée route : A1 jusqu’à 125 cm³, A2 ou A selon la puissance. Profil adapté : sportif, compétiteur, ou motard routier cherchant une deuxième machine pour s’évader.

Scooter 125 et maxi-scooter : la mobilité avant tout

Le scooter est le véhicule deux-roues le plus utilisé en France, notamment dans les grandes agglomérations. Simple d’accès (transmission automatique, plancher plat), compact, économique : il répond avant tout à un besoin de mobilité quotidienne sans complications. Le 125 cm³ est accessible dès 16 ans avec le permis A1, ou dès 18 ans pour les titulaires du permis B avec plus de 2 ans d’ancienneté via la formation pratique complémentaire de 7 heures.

Le maxi-scooter (Yamaha TMAX, Honda Forza 750, BMW C400X) pousse le concept beaucoup plus loin : vitesse autoroutière, coffres volumineux intégrés, protection contre la pluie, confort biplace. Ces machines changent le rapport au voyage à deux roues. Mais leurs cylindrées et puissances (400 à 750 cm³, 50 à 75 ch) nécessitent un permis A2 ou A selon le modèle.

Permis requis : AM/BSR pour les 50 cm³, A1 pour les 125 cm³, A2 ou A pour les maxi-scooters. Profil adapté : urbain, pendulaire, débutant cherchant la praticité immédiate.

Moto electrique moderne garee sur un parvis urbain devant un immeuble de verre et beton

Moto électrique : une nouvelle ère commence

Les motos électriques ont longtemps été cantonnées à quelques modèles confidentiels et coûteux. La situation évolue : des marques comme Zero Motorcycles, Energica et plus récemment Honda, Kawasaki et BMW proposent désormais des électriques pour un usage réel et quotidien. Les autonomies dépassent 150 à 200 km en usage mixte pour les modèles récents bien configurés.

La réglementation s’applique exactement comme pour les motos thermiques : la catégorie de permis est déterminée par la puissance en kilowatts. Une moto électrique de 35 kW relève du permis A2. Une Zero SR/F (110 kW) nécessite le permis A. Les cyclomoteurs électriques (équivalent 50 cm³) sont soumis au permis AM.

Sur l’entretien, les motos électriques ont un avantage concret : pas de vidange, pas de chaîne de distribution, pas de courroie de distribution, moins de liquides à surveiller. Le coût d’usage est significativement inférieur aux thermiques à kilométrage équivalent.

Permis requis : calculé sur la puissance en kW, identique aux thermiques. Profil adapté : urbain sensible aux questions environnementales, ou motard curieux des nouvelles technologies.

Tableau récapitulatif : permis et types de moto

Catégorie de permis Types de moto accessibles Puissance / cylindrée Âge minimum
AM (BSR) Cyclomoteur, scooter 50 cm³, électrique léger ≤ 50 cm³ / 4 kW 14 ans
A1 Moto 125 cm³, trail léger, scooter 125 ≤ 125 cm³ / 11 kW 16 ans
A2 Roadster bridé, trail mid, cruiser léger, maxi-scooter intermédiaire ≤ 35 kW, ratio ≤ 0,2 kW/kg 18 ans
A Toutes motos : sportive, routière, maxi-trail, gros cruiser, électrique puissant Sans limite 24 ans (ou 20 ans avec 2 ans de A2)
Aucun (hors route) Motocross, enduro sur terrain privé ou circuit Variable Selon les règlements de compétition

Choisir sa moto, c’est souvent choisir une façon de rouler, et cette façon évolue avec le temps, l’expérience et les projets. Beaucoup de motards commencent sur un roadster accessible, découvrent quelques années plus tard les charmes d’un trail, puis finissent par succomber à un cruiser ou une routière pour les grands voyages. Ce n’est pas une décision figée, loin de là. C’est même l’une des belles choses dans la moto : on change, on progresse, et on finit par trouver la machine qui nous correspond vraiment. Si vous souhaitez approfondir les nuances entre les styles, notre guide complet des styles de motos détaille chaque famille avec des exemples de modèles actuels.

Questions fréquentes sur les types de moto

Quel type de moto choisir pour débuter ?

Pour débuter à moto, le roadster en 500 à 700 cm³ bridé (permis A2) est le choix le plus adapté. Il offre une position naturelle, une puissance suffisante sans être dangereuse et un comportement prévisible. Les trails légers en A2 sont une bonne alternative pour ceux qui envisagent des voyages ou des petites routes. Les sportives haute performance et les maxi-trails lourds (plus de 200 kg) sont à éviter absolument comme première moto.

Quelle moto peut-on conduire avec un permis A2 ?

Avec un permis A2, vous pouvez conduire toute moto dont la puissance ne dépasse pas 35 kW (47,6 ch) et dont le rapport puissance/poids est inférieur à 0,2 kW/kg. En pratique, cela couvre une large partie des roadsters, trails, cruisers légers et maxi-scooters du marché. De nombreux modèles comme la MT-07, la CB650R ou la Ninja 650 existent en version bridée homologuée A2, débridable après 2 ans lors du passage au permis A.

Quelle est la différence entre un trail et un tout-terrain ?

Un trail est une moto homologuée route capable de s’aventurer ponctuellement sur des chemins et des pistes légères. Il est immatriculé et peut circuler légalement sur la voie publique. Un tout-terrain ou enduro pur est conçu exclusivement pour le hors-route : généralement non immatriculé, il ne peut pas circuler sur la route et ne nécessite pas de permis dans un cadre privé ou compétitif. En résumé : le trail fait les deux, le tout-terrain fait le hors-route uniquement.

Quel type de moto consomme le moins ?

Les scooters 125 cm³ et les trails légers sont parmi les plus économes, avec des consommations autour de 3 à 4 litres aux 100 km. Les motos électriques sont encore plus économiques à l’usage, avec un coût de recharge d’environ 1 à 1,5 euro pour 100 km. À l’inverse, les grosses cylindrées (routières, maxi-trails, cruisers haute cylindrée) affichent des consommations de 5 à 7 litres aux 100 km selon l’usage.

Maxime Vitali, auteur de Vélo Moto Passion
À propos de l'auteur
Maxime Vitali

Maxime Vitali est le fondateur et l'auteur principal de Vélo Moto Passion. Passionné de deux-roues et impliqué dans la sécurité routière, il participe au déploiement de formations dédiées à la conduite et à la sécurité de tous les deux-roues : vélo, moto, scooter et trottinette.

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