ℹ️ Information réglementaire : Cet article présente les règles du permis A2 en vigueur en France. La réglementation peut évoluer. Pour les informations officielles à jour, consultez Sécurité Routière et Service-public.fr.
L’essentiel à retenir
Avec le permis A2, vous pouvez conduire les motos dont la puissance ne dépasse pas 35 kW et dont le rapport puissance/poids reste inférieur à 0,2 kW/kg.
- Puissance maximale : 35 kW (environ 47,5 ch).
- Le rapport puissance/poids doit aussi rester sous 0,2 kW/kg : les deux chiffres s’appliquent ensemble, pas l’un sans l’autre.
- Attention : le bridage n’est légal que si la moto d’origine fait au plus 70 kW. Au-delà, c’est techniquement impossible de la rendre conforme A2.
- Roadsters, trails et sportives, le marché 2026 offre un vrai choix de modèles nativement compatibles.
- La passerelle vers le permis A s’ouvre après deux ans et une formation de 7 heures, sans nouvel examen.
Les règles du permis A2 : deux critères à respecter
Le permis A2 est accessible dès 18 ans et ouvre la conduite des motos à puissance intermédiaire. Deux conditions doivent être remplies simultanément : la puissance du véhicule ne doit pas dépasser 35 kW (environ 47,5 chevaux), et le rapport puissance/poids doit rester sous le seuil de 0,2 kW/kg. La règle du ratio, on l’oublie parfois, s’applique en même temps que le seuil de puissance.
Un exemple concret : une moto de 200 kg bridée à 35 kW affiche un ratio de 0,175 kW/kg et passe les deux tests. La même moto allégée à 160 kg grimperait à 0,219 kW/kg et sortirait du cadre réglementaire. Ce calcul, rarement effectué par les acheteurs, peut faire la différence lors d’un contrôle technique ou d’un sinistre.
Pour aller plus loin sur les catégories de permis moto (A1, A2, A) et les épreuves à passer, notre guide complet du permis moto détaille l’ensemble du parcours d’obtention. Ces règles sont encadrées par la directive européenne 2006/126/CE, transposée dans le code de la route français.
Une troisième règle encadre spécifiquement le bridage : la moto d’origine ne doit pas développer plus de 70 kW avant bridage. Une machine de 100 kW ne peut donc pas être rendue légalement compatible A2. Le bridage homologué n’est accessible qu’aux modèles dont la puissance native reste en dessous de ce plafond, selon les données officielles de la Sécurité Routière.
Moto native A2 ou moto bridée : quelle différence ?
Une moto native A2 est conçue dès sa sortie d’usine pour fonctionner dans cette plage de puissance. Cartographie moteur, suspensions et rapports de boîte sont calibrés autour des 35 kW. Le résultat est une machine cohérente, sans à-coups, sans sensation d’étouffement à mi-régime.
Une moto bridée dispose d’un moteur prévu pour le double de cette puissance, restreint par une intervention électronique ou mécanique homologuée. L’avantage est clair si vous prévoyez de garder la moto après la passerelle : un simple débridage chez un professionnel habilité transforme alors la machine sans changer de véhicule. C’est un investissement qui s’étale dans le temps, ce qui n’est pas rien quand on achète sa première moto.
Pour un premier permis, notre position est claire : choisissez un modèle natif. Le poids est généralement plus contenu (autour de 170 à 190 kg), les réactions du moteur sont prévisibles et vous construisez vos réflexes sur une machine faite pour ça, pas étouffée. La bridée ne se justifie que si vous êtes certain de garder le véhicule 4 ans ou plus et que la passerelle est réellement planifiée. Si vous hésitez encore sur le budget global, poser à plat le budget total du permis moto aide à arbitrer entre l’achat d’une native et celui d’une bridée plus coûteuse à l’achat.

Quelles motos conduire avec un permis A2 par catégorie
Le marché 2026 propose une sélection fournie dans chacune des grandes familles. Les modèles cités ci-dessous sont représentatifs : vérifiez toujours la conformité A2 de la version précise proposée par votre concessionnaire, car certains modèles existent en plusieurs variantes de puissance selon les marchés.
Roadsters et néo-rétro A2
Le roadster reste la catégorie la plus recommandée pour débuter. La Honda CB500 Hornet (bicylindre 471 cm³, 35 kW native, selle à 785 mm, 188 kg) figure parmi les valeurs les plus sûres du marché pour sa progressivité et son réseau SAV. La Kawasaki Z400 (399 cm³, 35 kW) est plus légère encore à 167 kg, idéale pour les gabarits plus petits. Côté néo-rétro, la Royal Enfield Meteor 350 (349 cm³, 20 kW native) apporte du caractère visuel à un tarif accessible. Parmi les bridées, la Yamaha MT-07 (689 cm³, bridée depuis 55 kW) est souvent citée par les moniteurs comme le meilleur investissement en vue de la passerelle, et la Honda CB650R (649 cm³, bridée depuis 70 kW) séduit par son moteur quatre cylindres en ligne à la sonorité unique.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Poids | Native A2 ? |
|---|---|---|---|---|
| Honda CB500 Hornet | 471 cm³ | 35 kW (native) | 188 kg | Oui |
| Kawasaki Z400 | 399 cm³ | 35 kW (native) | 167 kg | Oui |
| Royal Enfield Meteor 350 | 349 cm³ | 20 kW (native) | 191 kg | Oui |
| Yamaha MT-07 | 689 cm³ | 55 kW → 35 kW (bridée) | 184 kg | Non, bridable |
| Honda CB650R | 649 cm³ | 70 kW → 35 kW (bridée) | 202 kg | Non, bridable |
Trails A2
Le trail séduit les motards qui anticipent une pratique mixte ville et routes secondaires. La Kawasaki KLE500, nouveauté 2026 avec ses roues 21/17 pouces et pneus crampons de série sous les 7 000 €, redéfinit le segment natif A2 tout-terrain. La CFMoto 450MT (bicylindre 450 cm³, native A2) et la Royal Enfield Himalayan 450 (29 kW native) proposent des garde-au-sol entre 220 et 240 mm à des prix compétitifs. La Benelli TRK 502 (500 cm³, bridable à 35 kW) reste une valeur solide pour ceux qui cherchent le meilleur rapport qualité-prix sur le segment. Pour un budget plus élevé avec la passerelle en vue, la Honda NC750X (745 cm³, bridable depuis 54 kW) est l’une des rares trails polyvalentes à rester dans le ratio puissance/poids une fois bridée.

Sportives A2
La sportive est moins conseillée pour une toute première moto, mais reste accessible avec le permis A2. La Honda CBR500R (471 cm³, 35 kW native) et la Kawasaki Ninja 400 (399 cm³, 35 kW native) sont les deux références naturelles du segment. La Yamaha R7 (689 cm³, bridable depuis 54 kW) séduira ceux qui visent la sportivité après la passerelle. Pour les sportives bridées, un point de vigilance s’impose : certains modèles présentent un rapport puissance/poids proche du plafond réglementaire. Vérifier la configuration exacte avec le concessionnaire reste indispensable avant tout achat.
Pour alléger le budget de formation, le financement CPF du permis moto peut couvrir une partie significative des frais selon votre situation professionnelle.
Passer du A2 au A : les conditions
La passerelle vers le permis A, qui ouvre toutes les cylindrées sans limite de puissance, est la perspective naturelle après deux ans de pratique. Trois conditions s’appliquent : être titulaire du permis A2 depuis au moins 24 mois, avoir réalisé une formation de 7 heures auprès d’un établissement agréé, et être âgé d’au moins 20 ans en pratique (18 ans à l’obtention du A2, plus deux ans). Aucun nouvel examen plateau ni épreuve de circulation n’est requis.
Cette formation, souvent appelée formation compensatoire ou ETG-A, couvre la prise en main des grosses cylindrées et les spécificités dynamiques liées à l’augmentation de puissance : freinage, stabilité à haute vitesse, gestion du couple. Son coût oscille entre 300 et 500 € selon les écoles moto. À l’issue, la préfecture délivre le permis A en échange du permis A2 : les deux catégories ne coexistent pas sur le même titre.
La validité du permis A2 est de 15 ans à compter de sa date de délivrance. Si vous anticipez de rester sur votre moto actuelle plus longtemps, rien ne vous oblige à effectuer la passerelle dès la deuxième année.
Le permis A2, souvent vécu comme une contrainte, est en réalité une vraie école de pilotage. Deux ans sur une moto bien choisie permettent de construire des réflexes que beaucoup de motards expérimentés n’ont jamais eu le temps d’acquérir, notamment une lecture du trafic et une gestion du freinage d’urgence qui font toute la différence. La limitation de puissance ne bride pas le plaisir : ça forge. Le jour de la passerelle vers le permis A, cette différence se sentira immédiatement.
Questions fréquentes sur le permis A2 et les motos
Quelle cylindrée peut-on conduire avec le permis A2 ?
Il n’existe pas de limite de cylindrée exprimée en cm³ pour le permis A2 : c’est la puissance qui prime. Vous pouvez conduire toute moto dont la puissance ne dépasse pas 35 kW et dont le rapport puissance/poids reste inférieur à 0,2 kW/kg. En pratique, les modèles nativement A2 vont de 350 cm³ à environ 500 cm³. En version bridée, des cylindrées bien plus élevées, jusqu’à 689 cm³, restent accessibles si la moto d’origine ne dépasse pas 70 kW.
Quelle est la moto A2 la plus puissante autorisée ?
Toute moto réglementairement bridée à exactement 35 kW représente la limite haute du permis A2. Des modèles comme la Honda CB650R (649 cm³, bridée depuis 70 kW) ou la Yamaha MT-07 (689 cm³, bridée depuis 55 kW) atteignent cette puissance maximale autorisée. Ce sont les motos A2 les plus puissantes que vous pouvez conduire légalement sur route ouverte en France.
Peut-on conduire une moto automatique avec le permis A2 ?
Oui, le permis A2 autorise les motos à boîte automatique ou à double embrayage, sous réserve de respecter les mêmes critères de puissance (35 kW max, ratio 0,2 kW/kg). La Honda NC750D DCT, disponible en version bridée, entre dans cette catégorie. Ces boîtes automatiques s’avèrent particulièrement appréciées pour un usage urbain quotidien.
Comment passer du permis A2 au permis A ?
Il faut être titulaire du permis A2 depuis au moins 24 mois, puis effectuer une formation de 7 heures auprès d’un établissement agréé. Aucun examen n’est requis. La préfecture échange ensuite le permis A2 contre un permis A, qui permet de conduire toutes les motos sans limite de puissance. L’âge minimum effectif est de 20 ans (18 ans à l’obtention du A2 plus 2 ans de pratique).





